Pour se débarrasser des souris dans la maison sans poison, l’ordre qui marche est toujours le même : repérer par où elles passent, boucher ces accès, leur couper la nourriture, puis piéger celles qui sont déjà dedans avec des pièges à ressort ou des nasses. Le poison n’est pas nécessaire pour quelques souris, et il présente de vrais risques pour les enfants et les animaux. Si elles reviennent malgré tout, c’est le travail d’un dératiseur.

Repérer les souris et leurs passages

Les signes que cite la Caf : des crottes, des bruits la nuit dans les cloisons ou au plafond, des aliments grignotés, des meubles ou des fils électriques rongés. Ce dernier point n’est pas anodin : l’Office fédéral suisse de la santé publique rappelle que souris et rats abîment le bois, le plastique et les câbles, et peuvent transmettre parasites et maladies.

Pour trouver leurs passages, suis les crottes : elles s’accumulent le long des murs, derrière l’électroménager, sous l’évier, autour des tuyaux qui traversent un mur. Dans une maison, le grenier, le garage, la cave et le vide sanitaire sont les points d’entrée les plus fréquents.

1. Boucher les accès

C’est l’étape qui fait la différence, et celle qu’on saute le plus souvent. L’OFSP comme la Caf placent le bouchage des ouvertures en tête des méthodes sans poison. Une souris passe par un trou étonnamment petit : ne néglige aucune fente.

  • Trous autour des tuyaux et des gaines (sous l’évier, derrière le lave-linge, à l’arrivée du chauffage) : laine d’acier tassée, puis mastic ou mortier par-dessus.
  • Fissures dans les murs et les fondations : mortier ou enduit.
  • Bouches d’aération et soupiraux : grillage métallique à maille fine, comme le conseille la Caf. Ne les bouche jamais complètement, la ventilation reste indispensable.
  • Bas de porte sur l’extérieur et le garage : un bas de porte ou une brosse.

Souris dans le grenier

Le grenier est souvent atteint par le toit ou par les gaines. Cherche les crottes près de l’isolant, le long des sablières et autour des passages de câbles. Si l’isolant est souillé ou creusé de galeries sur une large surface, ou si l’accès se fait par la toiture, c’est un chantier pour un professionnel plutôt qu’un samedi de bricolage.

2. Couper la nourriture

Une souris qui ne trouve rien à manger ne s’installe pas. La Caf résume l’essentiel : ne laisser traîner aucun aliment, ranger les restes dans des boîtes hermétiques et les aliments secs dans des bocaux, ne pas laisser de miettes. L’OFSP insiste sur le même point : supprimer les sources de nourriture.

En pratique :

  • les paquets de céréales, pâtes, farine, riz et biscuits passent dans des boîtes hermétiques ou des bocaux en verre ;
  • les croquettes du chat ou du chien sont rangées dans un bac fermé, pas dans leur sac ouvert ;
  • la poubelle a un couvercle et sort régulièrement : une poubelle propre et sans odeur attire moins ;
  • un coup d’aspirateur derrière le four et sous le frigo, où les miettes s’accumulent.

Un placard bien rangé et lisible a un autre avantage : tu vois tout de suite un paquet grignoté.

3. Piéger celles qui sont déjà là

Pour quelques souris, l’OFSP recommande les pièges à ressort (tapettes) ou les pièges-cages plutôt que le poison.

  • Tapette : efficace et immédiate. Place-la perpendiculaire au mur, le déclencheur contre la plinthe, sur le passage repéré. Un peu de beurre de cacahuète ou de fromage suffit comme appât. Mets-en plusieurs à la fois.
  • Nasse ou piège-cage : capture la souris vivante. La Caf conseille de la relâcher loin du domicile, sinon elle reviendra.
  • Piège électrique : à vider et nettoyer régulièrement, rappelle la Caf.

Porte des gants pour manipuler pièges et souris, et lave-toi les mains ensuite. Place les pièges hors de portée des enfants et des animaux, par exemple dans une boîte percée de deux trous ou derrière un meuble. Nettoie les zones souillées par les crottes en aérant, avec un produit ménager, sans balayer à sec pour ne pas soulever de poussière.

Odeur qui fait fuir les souris : ce qu’il faut en penser

Menthe poivrée, huiles essentielles, papier aluminium : les astuces « répulsives » sont partout. Aucune des sources officielles consultées ne les présente comme une solution fiable, et la Caf note que les ultrasons perdent leur effet parce que les rongeurs s’y habituent. Tant que l’accès et la nourriture restent disponibles, les souris finissent par ignorer l’odeur. Garde ton énergie pour le bouchage et le rangement.

Si tu utilises quand même un raticide

Des raticides sont autorisés en France, mais ils demandent des précautions sérieuses. L’OFSP rappelle que les enfants et les animaux domestiques peuvent entrer en contact avec les appâts ou les avaler, et que les anticoagulants s’accumulent dans les rongeurs empoisonnés, ce qui intoxique aussi leurs prédateurs (chat compris). La Suisse a d’ailleurs interdit les raticides anticoagulants aux particuliers depuis le 1er avril 2025.

En France, l’Anses insiste sur plusieurs règles après la mort de deux jeunes enfants en 2021, intoxiqués par un raticide interdit introduit illégalement :

  • acheter uniquement dans les circuits habituels (grandes surfaces, magasins spécialisés), jamais sur un marché ou en import ;
  • choisir un produit dont le mode d’emploi est en français, et le respecter ;
  • garder le produit hors de portée des enfants ;
  • faire appel à une entreprise de dératisation si le traitement échoue.

En cas d’ingestion par un enfant ou un adulte, appelle immédiatement le centre antipoison ou le 15.

Quand appeler un professionnel

Si les souris reviennent malgré des accès bouchés et une cuisine rangée, si tu en vois en plein jour, ou si le grenier est envahi, la Caf conseille de faire appel à un professionnel, qui évalue les dégâts, traite et donne des conseils de prévention. Prévois le budget : ce service a un coût et n’est pas couvert par l’assurance habitation.